Potiche

Les parapluies de Ste Gudule

L'histoire

1977. Le patron d'une usine de parapluie doit laisser son poste à sa femme.

Les plaisirs du film

L'artificialité assumée. Filée du début à la fin du film, composante principale du style Ozon, elle fonctionne ici à merveille. Le registre parodique, second degré, ne varie jamais. Cela pourrait être fatiguant, c'est très drôle. Ce ton prend diverses formes, de l'absurde à l'hommage en passant par le clin d'œil : par exemple, le générique de début est une re-création parfaite des génériques des années 1970, avec typo cooper black, split screen, mélodie sifflotée et flou de l'image. Autres exemples : le style de Depardieu député communiste est inspiré de Bernard Thibaut, la scène de Deneuve en sortie clandestine, foulard et lunettes noires, rappelle Belle de jour.

La joie des acteurs. Catherine Deneuve jouant avec sa caricature bourgeoise, dans un personnage physiquement proche de la reine mère de Palais-Royal. Depardieu ne jouant presque pas, très doux. Godrèche impeccable en Sarah Fawcett sarkozyste et Viard en secrétaire évolutive aux seins pointus comme ceux de Stéphane Audran dans les premiers Chabrol.

Les thèmes, traités avec naïveté, donc avec légèreté : féminisme, lutte des classes, politique, famille... L'entrain du film brasse tout cela sans profondeur aucune, sauf dans les toutes dernières images, très ambiguës, sur la Maman élue.

On y va ? Oui, c'est le meilleur Ozon depuis longtemps.

2 commentaires:

Laurent a dit…

Quelle belle découverte que ce blog, élégant et sobre à souhait... Et puis, les parapluies, oui, c'est un beau moment...

Cécile a dit…

J'ai beaucoup ri. Je pense aussi qu'Ozon excelle dans la comédie décalée, ringarde, truffée de clins d'oeil vestimentaires, publicitaires ou cinématographique. Judith Godrèche est plutôt convaincante en tête à claque arriviste très à droite. La seconde partie consacrée à La campagne électorale est, je trouve, longue et essoufle (pour ne pas dire tarit) un film qui démarre sur les chapeaux de roue (avec des poèmes niais sur des petis écureuils dans la campagne).