Jusqu'en enfer

Ou tu iras j'irai, fidèle comme une ombre

L'histoire

Une vieille gitane jette un sort à sa jeune banquière

Les plaisirs du film

L'absence de pincettes. On y va vraiment. Un vrai film de genre, sans filtre, sans parodie, sans 25ème degré. Une série B de luxe, drôle et truffée de surprises, fabriquée avec maestria par Sam Raimi, qui visiblement s'amuse comme un petit fou hors des cadres pesants des mégaprods à la Spiderman. Le prologue donne le ton : abracadabrantesque au point que tout peut arriver par la suite. Et justement, la réussite du film est là, sur le dosage des effets.

Le dosage des effets. Du plus barré style bd, au plus subtil, Raimi utilise toute la gamme des effets spéciaux, sans privilégier la 3D à tout prix. Parfois, il rend même hommage aux ancêtres du genre : les ombres giffues du Lamia, le démon gitan, rappellent Nosferatu.

La satire sociale sous-jacente, comme dans tout bon film d'horreur. Ici, le contexte immobilier, le matérialisme, le burgeoisement correct... sont pilonnés joyeusement.

L'actrice principale, envoyée en l'air, aspergée de pus, de vomi, d'asticots, de boue, comme autant d'humiliations matérialisées... Parfaite en oie blanche qui conquiert son indépendance, en victime tragique. Son évolution physique, de banale employée sage à superbe rageuse sous l'orage.


fiche film

Millenium

La reine Lisbeth

L'histoire

Celle du livre, en plus serrée.

Les plaisirs du film

La paresse : un plaisir ambigu. Comme tous les spectateurs connaissent par cœur l'histoire, la salle ne vibre pas. Un peu l'impression d'une projection des Feux de l'amour dans une maison de retraite. Alors ? Puisque l'intérêt ne vient pas des rebondissements, d'où naît-il ? De la curiosité. De voir comment les personnages et les scènes du film sont transposés. Et l'impression étrange d'aller voir un thriller dont on vous a raconté non seulement la fin mais aussi toutes les scènes. Impression confirmée par la mise en scène très fidèle, scotchée au livre, sans interprétation aucune, de peur de froisser le nombreux et sourcilleux lectorat.

Le passage à l'écran. A vrai dire, on aurait préféré voir le film avant de lire le livre. Ce dernier, écrit comme un gros scénario, sans aucune qualité littéraire, comporte des pages et des passages ennuyeux, inutiles, dont le film se passe avec bonheur. On ne s'ennuie pas, mais on note les effets les plus grossiers (la musique, lourde comme un 38t). Le peu d'inventivité de l'ensemble (comment aurait filmé Tarantino, Woo ou Lynch ?) rend surprenantes les scènes "dures", comme le viol de Lisbeth, ainsi qu'un stylisme un peu "sale" plutôt intéressant.

Lisbeth, bien incarnée par Noomi Rapace. Aussi bien physiquement que dans le caractère. La violence contenue, ses frémissements affectifs, passent par un jeu précis de l'actrice. Et sa nervosité rend encore plus molle la prestation du pauvre Blomkvist, pâle pâte informe, aux faux airs de feu Maurice Ronet et de Johnny.


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