Revolutionary road

Titanic

L'histoire
Le naufrage d'un couple

Les plaisirs du film

Les retrouvailles avec Kate & Léo. Mûris, ils font oublier par de vrais rôles le consternant film-paquebot de Cameron. A la fois banals et très beaux par moments. Leur jeu exprime parfaitement l'évolution de leurs sentiments, surtout quand les dialogues, les mots tournent à vide dans ce couple usé avant l'heure.

La peinture de la vie en banlieue. Confort, conformisme. Qui produisent des dépressifs, des morts ou des imbéciles. Le propos est d'autant plus fort que Sam Mendes plante le décor dans "l'Amérique âge d'or". La douce période des années 1950. Le film en met en scène tous les clichés (dont le joli jet d'eau aux gouttes qui accrochent bien le soleil sur le gazon vert où jouent les gentils enfants blonds devant la maison proprette avec la voiture astiquée dans l'allée) pour mieux les miner de l'intérieur et les pulvériser. Deux regrets : la musique, un peu pesante, et un certain manque de sécheresse (à la Bergman ou à la Cassavetes) dans les scènes clefs.

L'acharnement avec lequel le film pilonne le thème de la médiocrité. Théâtre, voyages, vocations, toutes les fenêtres pour sortir d'une vie "jeu de rôle" se ferment les unes après les autres, conduisant le couple à gentiment se satisfaire des rails d'une vie toute tracée. Jusqu'au bout ? La révolution suggérée par le titre n'est-elle qu'une antiphrase ? Réponse dans les dernières scènes.

Le tout dernier plan. Un plan qui confère au geste anodin d'un personnage secondaire une puissance folle. Une rébellion symbolique au rouleau-compresseur du conformisme.

Le fou et sa lucidité.

fiche film & séances

Slumdog millionaire

Questions pour un champion


L'histoire

Un jeune "pouilleux" gagne 10 millions de roupies à la télé. C'est louche. Il est suspecté et interrogé.

Les plaisirs du film

L'angle : le roman picaresque. Ce film reprend très exactement (sauf pour la fin), tous les éléments du genre picaresque (de picaro, "pauvre et futé" en espagnol - le roman référence étant La vie de Lazarillo de Tormes). Le héros, issu des bas-fonds de la société. La critique joyeuse, candide, des pires travers de cette société. La liberté de style : dans Slumdog, comme le roman du picaro, les codes explosent. Ellipses de temps, personnages grotesques appartenant plus aux contes qu'aux documentaires, passage par le répugnant et par le sublime. Et surtout, aux travers des milles mésaventures, rencontres, drames et farces, l'Initiation. C'est le point clef du picaresque, c'est le sujet du film. Comment Jamal apprend, déjoue les pièges, tire parti de ses expériences pour réussir et forge sa propre culture.

L'énergie. Communicative. Totalement pop, à l'image de la bande-son mixant le générique de Qui veut gagner des millions à des ritournelles indiennes et des airs bollywoodiens, le film entremêle les styles. Comme pour mieux faire ressentir les sensations du héros. Angles bizarres, saccades, accélérations, montage cut : le rythme ne faiblit jamais. Un chaos visuel, surtout pour la première partie (l'enfance), à l'image du maëlstrom hyper dense du bidonville. Rapide et superficiel, concernant l'Inde ? Invraisemblable pour ce qui est de l'intrigue ? Bien sûr. C'est précisément l'intérêt. Encore une fois, ce film est une fantaisie frénétique. Un conte speed, avec comme lampe d'Aladin le jeu télé et ses millions. Intéressant à comparer au mélancolique Darjeeling Limited.

Les entrelacements des rapports entres les 3 "mousquetaires". Le rapport des deux frères, qui rivalisent, se perdent, se retrouvent, se condamnent ou se sauvent jusqu'à la fin, en apothéose pour chacun des deux. Et la place d'Atika.

La jolie Freida Pinto.

fiche du film & séances

Les plages d'Agnès

Quand vient la fin de l'été...

Article écrit par une invitée >
Véronique.
Merci à elle.


L'histoire
Le titre dit tout. La vie d’Agnès Varda






Les plaisirs du film

avant
Retrouver une cinéaste que j’aime,
Retrouver un univers fantaisiste
Feuilleter le livre de cinéma de la réalisatrice depuis les 60’

pendant

Revoir quelques passages de presque tous les films d’Agnès, ceux que j’ai vus, ceux que je n’ai pas vus, ceux que j’aimerais voir,
Faire des rapprochements avec sa propre vie
Créer, créer, créer
Est-ce que mes copains vont devenir des Godard ou des Artaux ?
C’est quoi mon paysage si on m’ouvre ?

après

Marcher à l’envers
Revoir les films d’Agnès Varda
Tout faire pour se concocter une vie aussi riche que celle d’Agnès Varda
Se rappeler les histoires de tous les objets de sa maison, (bannir Cinna, Conforama, Habitat, Ikéa …)
Aimer encore plus ses proches, les faire virvolter dans sa vie
Envoyer ses amis voir le film
Se fabriquer un collier de kumquat

fiche film
blog de Véronique

The spirit

Miller tue le père
article écrit par un invité >
Nicolas, merci à lui.


L’histoire

L’adaptation millerienne du célèbre comic’s book « the Spirit » de Will Eisner.

Les plaisirs du film

Le graphisme, les plans et les multiples effets d’ellipse qui font le succès des bd de Fanck Miller. On retrouve par exemple les ombres chinoises chères à l’auteur, et des références à l’ensemble de son œuvre. Miller redimensionne un personnage le Spirit crée au crépuscule des années 30 et lui apporte ses thèmes de prédilection : la violence stylisée de Sin City, mélange d’effets de série B (on se bat à coup de tête décapitée) et d’effets visuels (le sang n’est qu’une couleur qui contraste sévèrement avec le reste de l’image), le stylisme pointu de chaque personnage, des décors lugubres et post-industriels, enfin son goût pour le vigilant solitaire, brisé et englué dans un destin maudit.

Le thème de la femme fatale, parfaitement incarnée par un casting insoutenable, car c’est assurément l’enjeu majeur du film, au delà d’un scénario attendu et prétexte. Si le Spirit d’Eisner était un grand niais distribuant des bourre-pifs avant de réfléchir, celui de Miller est tourmenté et manipulé par toutes les femmes qu’il croise : la bonne Miss Dolan (Sarah Paulson), le feu sous la glace, la brute Eva Mendes, mix latino de Lauren Baccall et d’une danseuse du Pink, et la truande Scarlett J, soubrette nazie glam. Ces trois bombes ne sont pourtant que les faire-valoir des deux dernières : la Mort, appelée Lorelei (Jaime King) qui chapitre le récit, et la Ville elle-même, Central City, sorte de Manhattan digital en Noir et Blanc, auquel le Spirit appartient et parle tout au long du film.

L’amour de Miller pour son père Spirit(uel) Eisner. Amis et auteurs d’un remarquable livre d’entretiens aux éditions Rakham, les deux dessinateurs se vouaient un profond respect teinté d’admiration. Bouleversé par la mort d’Eisner, Miller ne pouvait qu’envisager son vrai passage à la caméra (qui se souvient de Robocop2 ?) qu’en rendant hommage à son vieux maître, qui aura lâché le Spirit après 20 ans de bons et loyaux services.

Samuel L Jackson joue très millième degré et permet au film de s’éloigner de la pesanteur chère à Franck Miller scénariste et réalsiateur. La BD d’Eisner est enjouée et pleine d’humour, son adaptation ciné en manque souvent pour attirer un plus large public que les aficionados bédéphiles. Des monologues lourds et complaisants ralentissent le film.

L’affiche du film, qui porte la signature d’Eisner.

Les Converses du Spirit.

fiche du film
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blog de Nicolas