The visitor

Le sens du rythme

L'histoire

NY. Un universitaire désabusé trouve un sens à sa vie en sympathisant avec un couple de clandestins.

Les plaisirs du film

La précision du jeu de Richard Jenkins (le père de six feet under). Présent dans chaque plan, l'acteur exprime par ses expressions et son corps tout le poids de la solitude, ainsi que les hésitations, les difficultés à fendre l'armure.

Le thème du rythme. De la leçon de piano, première scène du film (avec une méthode de position des doigts qui rappelle la métaphore hitchcokienne du train s'enfilant dans le tunnel) à la scène superbe de fin. L'universitaire, devenu une coquille vide, dont la personnalité tout entière tient sur son badge de conférencier, trouve un sens à sa vie. Le sens du rythme : rythme à 3 temps du djembé mais aussi rythme du cœur.

Le ton du film, sur le fil. Certaines scènes dévient dangereusement vers le mélo, mais toujours lui échappent, allégée par l'humour, les détails intelligents (repérer le travail sur les nationalités, avec accents, langues, drapeaux...) ou le non-dit.


fiche film & séances

Mesrine 1

Bang bang

L'histoire

A peu près celle de Mesrine.

Les plaisirs du film

Les époques. Comme le film court sur plusieurs décennies, il fait des sauts de dates en dates. Côté pile, on va vite, on avance, comme le personnage enquille les personnalités comme un Fregoli malfaisant. Côté face, l'impression frustrante de ne pas s'installer dans les scènes et de ne pas connaître les personnages.

La french touch. Pour chaque date, l'époque est restituée de façon savoureuse. Avec toujours cette légère fausseté propre aux films français, cette impression de scénario un peu simpliste, de stylisme un peu trop appuyé, de perruques et de déguisements, que ne donne pas l'approche américaine. Les films US dans cette veine (Casino et autres Boogie nights ou We own the night) donnent vraiment l'illusion que la caméra se promène dans une époque. Pourtant, on voit ici l'effort de se rapprocher des modèles outre-atlantique dès le générique, en split screen, ou dans les scènes d'action. Mais il manque une certaine subtilité, ou un sens du détail.

Depardieu. Superbement filmé, gros plans où la lumière de son rade sculpte ses traits comme jamais. Parrain inquiétant, avec un petit tic de bouche à la Lecter (scène du chianti dans Le Silence des Agneaux).


fiche film & séances