Diary of the dead

Second life

L'histoire

Une petite équipe de tournage fuit l'avancée des morts-vivants.

Les plaisirs du film

Le film de genre. Comme un polar ou une comédie romantique, le film de zombies emprunte certains passages obligés, quitte à les détourner.

Le rythme Romero : chez lui, depuis le premier film, le zombie est une créature lente, pesante, coriace parce que tenace. Conséquence, c'est le nombre grandissant de zombies qui réduit l'espoir pour les vivants.

Le zombie pierre de touche. Romero lance ses morts-vivants dans nos sociétés, décennies après décennies, pour révéler ses travers. Cela a pu être le racisme, la société de consommation, c'est aujourd'hui le monde virtuel.

La question posée. Et si les morts-vivants étaient ceux qui passent leur temps hors de la vie, devant un écran ? Le renversement final : la terre envahie de morts-vivants, les vivants n'existant plus que sur internet, gigantesque archive de l'humanité avec ses blogs, ses news et ses youtube.

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La personne aux deux personnes

Rencontre du deuxième type

L'histoire

L'esprit d'un chanteur ringard se retrouve dans celui d'un comptable ringard.

Les plaisirs du film

Daniel Auteuil, dont les expressions, la folie rentrée et les accès de délire font merveille et transportent le personnage dans une autre sphère que le film, pesant par ailleurs : l'injection de l'esthétique "Messages à caractère informatif" et l'outrance du stylisme (le canabureau du domicile de Ranu) confèrent au film une ambiance déréalisée assez gratuite. Si, comme annoncé, il s'agit d'une charge contre la machine à décérébrer de l'entreprise, pourquoi ce choix ? On a l'impression de retrouver le Bidule, mixé avec d'autres trouvailles du Canal+ d'antan. Ringard.

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Sagan

Bonjour vitesse

L'histoire

A peu près celle de Françoise Sagan

Les plaisirs du film

La rencontre. Rencontre entre une actrice et un rôle (Testud-Sagan) et rencontre entre deux actrices (Testud-Balibar) pour porter à l'écran la rencontre entre un écrivain et son siècle.

La vitesse. On file d'années en années, on enquille les décennies, on aligne les repères temporels bien visibles (musiques, stylisme à la limite du cliché) : résultat, on ne s'ennuie pas, mais on passe à côté des enjeux de l'époque, des sources d'inspirations culturelles de Sagan, de la gravité mélancolique de cette femme. Le montage souvent à la serpe donne l'impression d'avoir pratiqué de larges coupes sombres. Dommage, on aurait aimé s'attarder dans certaines époques, plutôt que subir des artifices aussi navrants qu'une structure en flash-back, une voix off et une scène finale hallucinante de kitsch sur fond de coucher de soleil.

La désinvolture. Si le film ne restitue pas comme on l'aurait espéré les ambiances ni l'impertinence et l'intelligence de Sagan, Testud la rend légère et aimable. Le cercle de ses intimes, bien que là encore trop caricatural (on regrette la patte Sautet pour saisir les finesses de relations amicales et amoureuses), donne des envies de bohème dont le luxe est l'insouciance. Rafraîchissant en ces temps de principes de précaution d'entendre quelqu'un vouloir dilapider son "capital santé". C'est l'image d'une vie consommée/consumée sans filtre.

La diction de Sagan. Testud ressuscite le débit rapide, définitif et ravissant de petite fille butée. C'est un plaisir.

Balibar. Lorsqu'elle est à l'écran, on peut quasiment parler d'un film dans le film. Il bascule dans une dimension plus intéressante, plus déjantée, moins téléfilm. On retrouve enfin la fantaisie désespérée de l'univers Sagan. Le couple d'actrices compose un duo très touchant et Testud trouve une partenaire de jeu aussi forte qu'elle, qui met donc encore plus en valeur sa performance.

Certaines répliques, dont "Où as-tu mis mon deuxième sexe ?" lancée par Paola.

L'envie de relire ses livres ainsi que Les rues de ma vie de Bernard Franck ou la biographie Sagan à toute allure qui détaille le décor et son envers.

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